Besoin de Gauche
Par Aurélien LE THUAUT le mardi 15 juillet 2008, 23:05 - Actualité politique - Lien permanent
Comme
vous le savez, le congrès ordinaire du Parti Socialiste aura lieu du 14 au 16
novembre prochain, à Reims. Depuis maintenant quelque semaine, le bal de
présentation des contributions se déroule sous nos yeux. Et jusqu'à présent,
j'avais garder le silence sur cet événement, non pas par manque de conviction,
j'ai put m'entretenir avec certain de mes camarades de La Ferté sur ce que
serait pour moi un bon congrès, mais je voulais attendre la publication de
toutes les contributions pour arrêté mon choix. Et cette lecture approfondie à
confirmé le choix que je me faisait, c'est donc tout naturellement que j'ai
choisi de signer la contribution soutenue par "Socialisme & Démocratie",
avec "Rénover maintenant", et dont le premier signataire est Pierre Moscovici.
Ce choix s'est justifié car je me reconnais pleinement dans ce texte. Il
propose un ligne politique nette et novatrice, fait du Parti Socialiste
français un vrai Parti Socialiste européen, à la hauteur du New labour
britanique, du PSOE espagnol, ou encore du SPD d'outre-Rhin. De plus, j'adhère
complètement à l'idée de ne pas désigner notre candidat pour la prochaine
élection présidentielle maintenant. Premièrement car nous sommes à 4 ans de
l'échéance, et que nous ne pouvons dire qui sera le/la meilleur(e) d'entre nous
en 2012. Et car cela créera une surexposition médiatique et politique qui
pourrait être néfaste tant les attaque pourrait surgir, et par ce fait,
décrédibiliser ce(tte) candidat(e). Bref, "Besoin de Gauche" réforme en
profondeur notre parti, avec un vrai programe de travail, cette contribution
apporte du progrès à tous les échelons : local, national, et
européen.
En voici l'introduction. Un an après l’élection de Nicolas
Sarkozy, les Français ont la gueule de bois. On leur avait promis croissance et
pouvoir d’achat : ils n’ont ni l’une, ni l’autre. Le coût de la vie
augmente, les rémunérations stagnent, la vie est plus dure. La précarité, loin
de reculer, s’étend, à mesure que la droite poursuit son entreprise de casse du
modèle social et du droit du travail. Aucune perspective d’amélioration ne se
fait jour, la défiance s’installe : l’indice de mesure du moral des
ménages vient même d’atteindre son plus bas niveau depuis sa création, en 1987.
Déçus par un pouvoir brouillon qui leur a menti, nos concitoyens nourrissent de
vives inquiétudes pour leur avenir et celui de leurs enfants, dans un contexte
international de ralentissement économique majeur et de crise écologique et
alimentaire sans précédent. Alors que chaque jour illustre les excès d’un
capitalisme déréglementé, notamment l’hypertrophie financière au profit d’une
hyperclasse mondiale qui s’enrichit à coup de stock-options et de parachutes
dorés d'un montant démesuré, la gauche peine à proposer, en Europe et dans le
monde, une alternative qui soit économiquement crédible et durable sur le plan
environnemental, socialement juste et électoralement viable.
« Où est la gauche ? », entend-on de toute part. « Que
propose-t-elle ? Réglerait-elle mieux que la droite les problèmes qui se
posent ? » La gauche française, alors qu’elle est devenue la championne
des scrutins locaux, vient pour la seconde fois de perdre les élections
générales. Sa dernière victoire à l’élection présidentielle remontera, en 2012,
à près d’un quart de siècle. Au-delà d’une alternative à l’UMP, que beaucoup de
nos concitoyens espèrent et attendent, c’est la nouvelle gauche européenne
qu’il faut faire émerger. Pour tracer les chemins d’une société moins dure,
plus juste, plus solidaire, tout en répondant à la crise écologique par une
préservation et une meilleure gestion des ressources naturelles ou non
renouvelables, il s’avère indispensable de penser le monde et de prendre
l’exacte mesure de l’expansion, depuis trente ans, du capitalisme globalisé.
Les rapports entre les forces du travail et un capital en mutation accélérée
doivent être conçus à partir d’une nouvelle articulation entre le cadre
national et le cadre géopolitique pertinent qui, pour nous Français, sera
nécessairement européen. Il s’agit de dégager de nouvelles marges de manoeuvre,
d’encourager l’innovation dans les secteurs de l’économie confrontés à la
concurrence internationale, d’aller vers une croissance plus respectueuse de
Parti Socialiste l’environnement tout en recherchant, dans les espaces non
marchands, un haut niveau de services.
Tel est l’enjeu pour toute une génération de socialistes. Notre Congrès doit
surprendre. L’heure n’est plus aux accommodements, aux faux semblants, aux
clivages dépassés ou aux querelles de personnes. Le temps qui s’ouvre est celui
du renouveau. Nous voulons une nouvelle donne globale, pour offrir aux
Français, bientôt, une nouvelle gauche.
Nous disposons désormais d’un socle commun : la déclaration de principes.
Le Parti socialiste s’y accepte comme réformiste, attaché à la transformation
sociale, écologiquement responsable, européen, laïque et féministe. Pour lui,
les conditions de vie des êtres humains sont essentielles. C’est à partir de
ces valeurs qu’il nous faut travailler, dans les deux prochaines années, à
apporter des réponses concrètes aux problèmes de nos concitoyens.
Plus que jamais, l’effort qu’il nous faut fournir est celui de l’adaptation de
notre analyse de la société, de nos orientations et de nos moyens d’action à
l’époque et au monde d’aujourd’hui. L’avenir de la France, de l’Europe et de la
planète est ouvert : il va nous offrir des chances nouvelles mais aussi
nous exposer à des menaces. A nous de tirer le meilleur parti des premières
tout en nous prémunissant efficacement contre les secondes.
A la fatalité, à la résignation qui inspirent le retrait de l’action publique
prôné par les libéraux, nous devons opposer notre volonté collective de prendre
à bras le corps les défis du moment. Nous devons dénoncer le discours par
lequel la droite se présente comme réformatrice quand nous serions les
conservateurs. Contre le parti de l’ordre établi, nous devons à nouveau
incarner le mouvement. Contre ceux qui prônent une troisième voie supposée
exister entre socialisme et capitalisme, nous réaffirmerons nos idéaux de
toujours : la solidarité et la justice, le bien-être et l’autonomie pour
tous, la paix et le développement par la coopération, la préservation des
ressources naturelles et des équilibres écologiques de la planète. Nous y
ajouterons une exigence : proposer les moyens d’assurer la réalisation
concrète de ces idéaux en ne se contentant pas d’une proclamation de principes.
Il est clair qu’il existe, aujourd’hui, un besoin de gauche. Des émeutiers de
la faim à ceux qui, en Europe ou en France, se mobilisent pour défendre la
protection sociale, l’accès de tous aux biens essentiels et les services
publics, tous appellent à une plus forte régulation des marchés et à une
intervention publique renouvelée au service de la justice sociale.
Méfiants par tradition à l’égard de la personnalisation du pouvoir qui est au
fondement même de la Cinquième République, nous refusons la présidentialisation
du régime qu’accentue encore le mode d’exercice du pouvoir de Nicolas Sarkozy.
Cette présidentialisation, nous en constatons tous les jours le caractère
néfaste, voire choquant. Certes, le quinquennat a fait de l’élection
présidentielle le scrutin qu’il faut remporter : sans cette victoire, un
succès aux élections législatives est devenu inconcevable. Mais cet impératif
ne nous contraint nullement à choisir notre candidat plus de trois ans à
l’avance.
Nous refusons donc la présidentialisation du parti, qui est étrangère à notre
culture. Nous sommes convaincus que, dans la situation actuelle, elle nuirait
fortement à l’élaboration d’une doctrine, au nécessaire renouvellement des
équipes et à l’efficacité de l’organisation, qui sont aujourd’hui nos
priorités. Le Congrès de Reims doit être le point de départ d’un travail dans
la durée, qui vise à rendre à la gauche sa crédibilité. Respectons les
échéances. L’urgence, pour nous, est de définir un programme de travail
sincère. C’est ce que nous proposons. Il reviendra au prochain Premier
secrétaire et à l’équipe dont il s’entourera de le mettre en oeuvre, en
s’attachant à mobiliser l’énergie de tous les adhérents.
Menons la réflexion de fond, en nous appuyant sur ce qui a toujours fait notre
richesse : le débat collectif. Ouvrons-nous sur la société. Recréons une
offre de gauche. Et surtout, faisons mentir l’idée selon laquelle le Parti
socialiste ne serait qu’une machine à désigner des candidats, incapable de
concevoir un projet au point qu’il en sous-traiterait le soin aux clubs et
fondations qui sont proches de lui. Ce n’est que lorsque nous aurons accompli,
ensemble, ce travail, que le moment viendra de choisir celle ou celui qui
portera notre projet à l’élection présidentielle. Dès à présent, nous proposons
que ce choix s’opère dans le cadre de primaires qui seront organisées par le
Parti socialiste au printemps 2011, après son congrès, et auxquelles pourront
prendre part, sans exclusive, tous ceux qui se reconnaissent dans les idées de
progrès que nous portons. Nous pensons que c’est ce calendrier qui garantira à
la fois la richesse de notre projet et la meilleure articulation entre le Parti
et son candidat à l’élection de 2012.
Télécharger l'ensemble de la contribution
ici.

La Lettre Socialiste - L'actualité politique vue par Aurélien LE THUAUT, jeune Socialiste.